Le Dr G au CGOA     4 octobre 2002


Certains anciens combattants se souviennent peut-être de la rubrique de Cavanna dans Charlie Hebdo première manière ( celui des années 70 ): «  je ne l’ai pas lu, je ne l’ai pas vu mais j’en ai entendu parler ».… une bonne base pour concevoir la formation médicale continue… se disait le Dr G en écoutant une batterie serrée d’exposés sur la contraception orale ou une fois de plus, il ne comprenait rien…Après avoir plaisanté avec sa voisine, il commençait à s’endormir quand une consœur vint à dire qu’elle ne souhait à personne d’avoir à prendre au téléphone une mère annonçant le décès de sa fille suite à une complication de pilule que le bon docteur avait prescrite. Ca réveille…

Mais est ce que les épiciers, les garagistes  ou même les buralistes et les conseillers commerciaux de France Télécom reçoivent des coups de fils de ce type après avoir vendu du wisky, des voitures, des cigarettes et des portables ????…. Et pourtant ça tue …Mais c’est la liberté paraît-il de passer une soirée en boite à boire et à fumer avant de prendre sa voiture pour rouler à 120 km/h, le portable greffé sur l’oreille…. La pilule c’est pareil… Si les médecins s’étaient intéressés à la liberté de la femme …. ils auraient pas ce genre de problème.

La prescription de pilule est-ce de la médecine de soin ? Que soigne t-on ? Rien, on rend possible une sexualité sans grossesse…. C’est du soin ça ? De la médecine préventive alors ? De la prévention de grossesse ? Alors la grossesse est une maladie ? Tiens donc !. 

La prescription de pilule c’est l’occasion de faire des frottis ! Alors ouvrons des boutiques de vêtements et faisons des frottis, ça sera plus efficace … soyons sérieux….bac plus 10 pour prescrire la pilule ?

Non, la contraception orale n’est pas plus de la médecine que la sauce hollandaise n’est de la chimie.

Pourquoi les médecins veulent-ils toujours faire le bonheur des autres contre leur gré… Que fait le corps médical contre toutes ces sucreries en vente libre alors qu’il y a tant de diabétiques qui s’ignorent ? Imaginez le jour où la charcuterie sera sous prescription médicale, faudra-t-il faire des dosages de cholestérol avant de la prescrire ? 

Si on veut médicaliser la pilule ne devrait-on pas s’intéresser également à l’absence de pilule, c’est à dire la grossesse… La logique la plus élémentaire voudrait que l’on crée des certificats médicaux autorisant la grossesse qui se complique de bien plus de décès que la contraception orale.

Quant aux épidémiologistes, il est curieux qu’ils trouvent des crédits pour étudier les terribles méfaits de la pilule mais qu’ils n’en trouvent plus pour s’occuper des conséquences des antibiotiques ou des hormones dans l’alimentation animale, de l’effet de la dioxine dans les populations habitant près des incinérateurs etc…. sans compter les OGN. Après tout ça intéresserait aussi beaucoup de médecins.

Il pourraient nous calculer le risque  relatif par tranche d’âge de la voiture, de l’alcool et du tabac. Personne ne conteste la vente libre de ces 3 produits, les médecins dans ce cas n’interviennent que pour aider à l’arrêt ou pour réparer les dégâts. Pourquoi la pilule, qui est sans doute moins dangereuse, doit-elle passer par le biais d’une prescription médicale alors qu’on ne demande même pas de certificat médical pour passer le permis de conduire, ni de de produire votre résultat de transaminases avant de vous servir un demi à la terrasse d’un café. 

Camarades confrères, encore un effort et demandons la démédicalisation de la contraception orale. La place de la pilule c’est dans les grandes surfaces, à coté des produits de beauté (on a déjà la pilule qui gomme l’acnée, la pilule-diurrhétique qui fait perdre du poids, on en inventera d’autres…). Sinon c’est de coups de téléphone d’avocats que nous aurons bientôt … pour des préjudices esthétiques de varices, pour des handicaps professionnels de nausées, pour des préjudices moraux de spottings du samedi soir….